Mariage gay : les arguments les plus nuls contre le mariage pour tous !

Chose promise, chose due : voici quelques arguments contre le mariage gay qui me paraissent plutôt faibles et que j’ai malheureusement trop souvent entendus.

Mais que l’accouchement fut difficile !

 « C’est un suicide démographique pour la France ».

Celui-ci fleure bon la bêtise. Et dans le fond, je suis persuadé du contraire. Les couples homos « produiront » sans doute au moins deux enfants. Cela permettra d’en avoir chacun un. Et en cas de divorce (on sait jamais ça pourrait arriver…), chacun gardera le sien. Remarquez : quelle sera la jurisprudence ? Aujourd’hui dans la plupart des cas, la maman obtient la garde de l’enfant (une maman serait-elle irremplaçable ??) mais quid d’un couple homo ? Si chacun garde le sien, cela revient à reconnaitre implicitement cette notion primitive : la filiation biologique. En tout cas, deux certitudes : les couples homos viseront au moins deux enfants, voire plus, mais plutôt des chiffres pairs ; les avocats peuvent d’ores et déjà se frotter les mains.

 

« Les enfants des couples homos seront moqués dans les cours de récréation ».

Peut-être, mais ce n’est pas le problème. Ce n’est pas à des ados pré pubères de choisir ce qui est souhaitable pour notre pays. Si la loi est intrinsèquement bonne, elle doit être votée et appliquée. Après, c’est à la société de changer.

 

« Les personnes homosexuelles ont déjà le droit de se marier, avec des personnes du sexe opposé ».

La phase est sans doute juridiquement exacte, mais politiquement suicidaire. Car terriblement ambiguë. Faut-il comprendre que (i) la loi ne doit pas prendre en compte l’orientation sexuelle des personnes ou (ii) les personnes homosexuelles doivent forcer leur nature et se marier avec des personnes du sexe opposé ? Dans le premier cas (que je pense exact et auquel je souscris), la formulation est maladroite et peut s’apparenter à une espèce de moquerie tout à fait déplacée dans un débat aussi sensible. Dans le deuxième, c’est un manque total de respect pour la dignité des personnes et un danger pour l’équilibre des familles ainsi constituées.

 

« Le mariage pour tous concerne une minorité de personnes ».

Oui, mais là n’est pas la question. Peu importe le nombre de personnes concernées. C’est une question de principe. Si une minorité est objectivement discriminée, la loi doit réparer cet état de fait. Ce qui pose problème, c’est qu’une minorité impose un bouleversement sociétal qui concerne des personnes qui peuvent difficilement faire entendre leurs voix : des enfants qui naîtront orphelins de père ou de mère. Nous avons pourtant déjà les témoignages d’enfants nés de PMA avec don du sperme au sein de couples hétéros. Curieusement, personne ne leur donne réellement la parole.

 

***

Dans le fond, ces arguments sont faibles car ils ne touchent pas au cœur du sujet : le droit de l’enfant à être conçu, élevé et aimé par un papa et une maman. C’est l’inscription au cœur de la loi de cette anomalie qui poussera sans doute de très nombreuses personnes à manifester le dimanche 13 janvier.

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7 commentaires

  1. « On a pris en compte le droit de l’enfant à être élevé et aimé par un papa et une maman quand on a autorisé les personnes célibataires à adopter ? »
    Juste pour info l’adoption par des célibataires n’est pas un droit en tant que tel si on creuse et revient à l’esprit du texte… L’idée était de permettre à des couples non mariés d’adopter. Pour recevoir l’agrément, il faut donc répondre à des critères, et notamment en donnant des garanties autour du référent masculin si l’adoptant est une femme, féminin si c’est un homme. Après on peut toujours discuter de la manière dont la loi est appliquée…

    1. En effet les services sociaux en charges des adoptions veillent comme la loi le stipule à ce que l’enfant adopté par une personne célibataire aura bien un référent du sexe opposé à l’adoptant. Absolument rien, par contre, n’implique que ce référent doit être en couple avec l’adoptant. De même, le fait que par exemple un couple d’hommes adopte un enfant n’implique évidemment pas que ce dernier n’aura pas de référent féminin (dans les faits, les couples homosexuels désignent le plus souvent parmi leurs amis proches un « parrain » ou une « marraine » qui aura une place importante dans la vie de l’enfant). Le fait d’accorder l’adoption aux couples homosexuels n’aura aucune incidence sur ce fait concernant les procédures d’adoption actuelles : les services sociaux veilleront toujours à ce que l’enfant aura (au minimum) un référent masculin et un référent féminin.

  2. « Dans le fond, ces arguments sont faibles car ils ne touchent pas au cœur du sujet : le droit de l’enfant à être conçu, élevé et aimé par un papa et une maman. »
    Vous trouvez que cet argument est mieux ? On a pris en compte le droit de l’enfant à être élevé et aimé par un papa et une maman quand on a autorisé les personnes célibataires à adopter ?

    1. On peut se poser la question en effet. Je crois que cette situation est une conséquence de l’après-guerre. Dans les faits, je pense que les célibataires ont très peu de « chances » d’adopter car les candidats sont tellement nombreux que beaucoup doivent offrir un cadre plus sécurisant vis-à-vis des services sociaux.

      1. L’adoption par des personnes célibataires est en effet très rarement accordée en France. Il y a donc fort à parier qu’il en sera de même pour les couples homosexuels souhaitant avoir recours à l’adoption. Mais est_ce une raison valable pour ne pas autoriser l’adoption par les couples homosexuels ? Que serait le mieux : continuer à laisser des couples homosexuels adopter de manière frauduleuse, notamment en se faisant passer pour célibataire, mettant ainsi l’enfant en situation d’insécurité (l’un des parents n’étant donc pas reconnu comme tel par l’Etat), ou autoriser l’adoption pour les couples homosexuels, ce qui permettrait d’une part de régulariser la situation des familles homoparentales déjà existantes, mais également de veiller à ce que les enfants qui seront à l’avenir adopter par des couples homosexuels le seront dans les conditions les plus favorables possibles ?

  3. PS : mais tout à fait d’accord avec le reste de votre propos (et au cas où ma réponse précédente pouvait porter à confusion), même si donc, je ne suis personnellement pas d’accord avec la fin (mais les arguments que vous développez sont d’un autre niveau que ceux que vous dénoncez fort justement, ça fait plaisir).

  4. Où ce droit de l’enfant est-il inscrit ?
    D’où vient-il ?
    De l’ordre « naturel » des choses ? Celui-là même que nous avons depuis bien longtemps dépassé (en bien et en mal, suivant les points et points de vue).

    Il y a actuellement des enfants « de fait » de couples homosexuels.
    Tous (bon ok, certainement pas tous, je généralise pour la simplicité du propos, une grande majorité) nous disent qu’il n’y a pas eu de soucis particuliers (si ce n’est le climat d’homophobie qui, comme vous le dites n’est pas à reprocher aux homos mais aux homophobes, tout comme on ne condamne pas une victime d’être victime).

    Ecoutez par exemple le passage de Pablo Seban à la commission, très instructif et ils posent de très bonnes questions.

    Le seul problème que j’y vois, c’est un problème juridique technique pour faire une loi simple et claire.

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