Histoire d’eau : sèchons-nous les mains aux toilettes !

En utilisant les toilettes dans un restaurant hier soir, je me suis fait la réflexion suivante : je n’ai jamais lu un article sur l’outillage pour se sécher les mains dans les toilettes. Pourtant, il y en a des choses à dire… Voilà un bon sujet qui me permet de changer un peu du mariage pour tous !

Suivez-moi donc dans l’univers doux, humide et parfumé des toilettes pour tous, dans un monde de bruits et de vapeurs.

***

1 – Sèche-main basique

Évoquant les chiottes de la SNCF, c’est sans conteste l’appareil le plus inefficace. Vous pouvez remuer les doigts dans tous les sens pour essayer de faire tomber les gouttes ou de les enfoncer dans votre épiderme, vous êtes quand même assuré de ressortir avec les mains encore humides et de devoir achever la besogne sur votre pantalon. Avec en prime le regard agacé de la personne qui attend depuis 5 minutes mais vous gratifie d’un sourire forcé, voire d’un « merci » pour la forme.

2 – Distributeur de serviettes en papier

Simple, efficace, mais contestable sur le plan écologique – sauf s’il s’agit de papier recyclable. En fin de journée, la poubelle déborde de serviettes à tel point que le surplus se répand sur le sol et se désagrège progressivement. Le système présente également l’inconvénient de nécessiter l’intervention d’un tiers pour le recharger. Il est donc préférable de bien repérer les heures de passage de l’agent d’ambiance pour ne pas se retrouver le bec et les mains dans l’eau.

3 – Rouleau de tissus

C’est mon préféré. Il conjugue efficacité et hygiène. Seul hic : quand il arrive au bout du rouleau. C’est un véritable déchirement : un bout de tissus humide pend lamentablement. Il faut alors chercher les derniers cm2 de toile vierge pour se sécher proprement.

4 – Serviettes en tissus à usage unique

Là, c’est la classe. Très en vogue dans les restos un peu branchés. C’est efficace mais écologiquement peu correct. Au niveau logistique, je me demande comment ils s’organisent pour refaire les niveaux en permanence. La pile ne peut raisonnablement s’élever à plus de 10 serviettes sans risquer de s’effondrer comme un vulgaire jeu de cubes. Alors, comment font-ils ? Est-ce qu’ils comptent les personnes qui vont aux toilettes ? Est-ce qu’ils ont des caméras de vidéosurveillance ? C’est pour moi un grand mystère.

5 – Sèche main « turbo »

Celui-là, c’est toujours une bonne surprise de le trouver. Il ne laisse pas indifférent et mérite une illustration. Quand vous glissez vos mains dedans (il faut se concentrer un peu car ce n’est pas très large), vous avez un peu l’impression d’être dans un film de science-fiction et que l’appareil est en train de scanner vos mains. On se demande si une porte dérobée va s’ouvrir derrière les urinoirs. En fait non, mais cela sèche plutôt bien les mains, ce qui est le but – on l’avait déjà oublié en contemplant l’engin.

***

Témoignage d’un lecteur !

Mais, me direz-vous, que se passe-t-il quand tous ces appareils sont hors service ? Eh bien, je fais comme vous : je récupère du papier toilette et, ma foi, cela marche plutôt bien ! Toutefois, la scène peut être un peu gênante si un nouvel arrivant débarque dans les toilettes à ce moment-là. Deux cas se présentent :

  • Soit vous jetez votre PQ (soyons clair) dans la cuvette et vous tirez la chasse. Dans ce cas, le quidam peut se dire que vous vous sentez vraiment chez vous pour tirer la chasse avec la porte ouverte (souvenez-vous, vous aviez les mains mouillées et de toute façon vous n’alliez pas fermer la porte alors que vous prenez juste du papier). Sourires gênés, malaise.
  • Soit vous allez jeter votre PQ dans la poubelle à côté des lavabos. Et là si quelqu’un arrive, il va être vraiment étonné de vous voir vous balader avec votre PQ à la main car il ne sait pas que son contenu est, disons, « neutre ». Il comprendra quand son tour sera venu mais pour l’instant il peut se dire que vous êtes soit un peu cinglé, soit un peu dégueu, voire les deux. « Il emporte un échantillon pour analyse ? », « il est fétichiste ? » Sourires gênés, malaise.

Dans les deux cas, la situation requiert du doigté, pour s’en sortir avec les mains propres… et la tête haute.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout !

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2 commentaires

  1. Très bon : j’ai bien ri !
    Merci !

  2. Merci Orti de décrire avant tant de précision ces moments de grande solitude…
    Pour nous, les filles, le problème commence plus tôt (de façon systématique) parce qu’avant de se laver les mains, on va aux toilettes, et il n’y a pas toujours de papier et alors… ben c’est pas évident et on se sent encore bien seul mais sans public à priori)
    Ça t’inspire pour ton prochain article ? 🙂

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