« Allez, viens, c’est bientôt la fin » !

Assistons-nous à l’effondrement du régime actuel ?

La question peut paraître saugrenue, exagérée voire pontifiante[1]. Elle reflète pourtant le sentiment que j’éprouve depuis plusieurs jours. Et qui s’est même renforcé au fil des 24 dernières heures. C’est comme si tous les voyants de mon tableau de bord passaient progressivement au rouge. Et pour un as de la mécanique et du volant comme moi, croyez-moi, cela ne peut laisser insensible !

Reprenons quelques-uns des ingrédients de ce cocktail explosif.

***

Le Ministre du Budget se retrouve au cœur d’un scenario digne d’une série B

Soyons honnête, nous aurions tous préféré que le nominé soit Christiane Taubira ou Najat Valaud-Belkacem, les deux égéries de la gauche libertaire. Jérôme Cahuzac dégage de la compétence, du charisme, de la classe – tout simplement. Il ressemble aux mannequins qui posent dans les publicités pour les banques privées, les yeux bleus en moins, que l’on croise dans les pages du Figaro Magazine. Cheveux poivre et sel, prestance athlétique, assurance de la réussite : la perfection au masculin version 21ème siècle. Un Lot-et-Garonnais qui tranche avec la gauche Ricard du Sud-Ouest. Quoiqu’il en soit, le scandale est énorme, la déflagration politique comparable au 21 avril 2002 (dixit Cécile Duflot). Seul François Hollande semble imaginer que la simple « condamnation d’une faute impardonnable » (tiens, un jugement moral ?) suffira à éteindre l’incendie.

Elu par défaut (pour la gauche) ou par dépit (pour le centre droit), le Président Hollande n’a pas de réelle légitimité aux yeux des Français

François Hollande a été élu face à Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. Une fois son champion désigné par les primaires, le PS n’avait plus qu’à soutenir son candidat. Mais François Hollande n’est rien d’autre qu’un habile apparatchik. Les Français n’ont pas voté pour lui, ils ont voté contre Sarko. Les Français ne se reconnaissent pas en lui. Certains revendiquent son programme – le plus souvent pour l’engagement 31. Exercé au plus haut niveau de l’Etat, son art de la synthèse tient davantage de la foutaise. Son Premier Ministre a le charisme d’un commissaire de police dans une mauvaise série américaine, la gâchette facile en moins. La moitié de son gouvernement alterne annonces et démentis ; l’autre moitié demeure quasiment inconnue (avis de recherche : Hélène Conway-Mouret). Lui-même suscite la défiance des citoyens, la colère de ses alliés politiques, la consternation de la presse européenne. Digne d’un nominé aux Gérard du cinéma, il a enchaîné en 1 an quelques morceaux d’anthologie : « Vipère très au point » (le tweet de Valérie Trierweiler), « La Vérité si je mens » (le reniement sur liberté de conscience des maires pour le mariage homo), « C’est pas moi, c’est eux »(les affaires Cahuzac et Augier). Existe-t-il un désir d’avenir pour François Hollande ?

Une poignée d’environ 1 million d’individus se soulève contre une réforme de civilisation

Face à la Manif, mépris, caricature et minimisation sont les trois mamelles de ce pouvoir politico-médiatique hybride. Car il a bien compris la menace que représente le réveil de cette France sage, laborieuse, profondément humaniste. Au-delà du mariage pour tous et d’un clivage droite-gauche artificiellement entretenu par les promoteurs de la loi, cette France se lève contre 50 ans de relativisme moral, 50 ans de dictature du fait accompli, 50 ans de décomposition de la cellule familiale et du tissu social, 50 ans de laxisme généralisé, 50 ans d’abolition de toute identité française au profit d’une caste mondialisée qui veut imposer à tous son idéologie ultra-libérale et ultra-libertaire et réduire les citoyens à des consommateurs. Dans ce combat, nous savions déjà avoir le bien commun avec nous. Nous savons désormais que nous avons le nombre et la détermination. Si la loi Taubira était soumise à l’applaudimètre, elle ne passerait pas.

C’est presque de l’info : quand un contre-pouvoir sert de contrefort au pouvoir

François Hollande l’a dit lors de ses vœux à la presse : il aime les journalistes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils le lui rendent bien. Il n’y a guère qu’eux pour (feindre de) ne pas prendre conscience de la gigantesque vague qui s’est levée contre le projet de loi Taubira. Dans mon billet précédent la Manif du 24, je plaignais à l’avance les journalistes chargés de couvrir ce tsunami humain qu’aucun système d’alerte n’avait pu (ou voulu) détecter. En fait, je m’étais lourdement trompé. Nous, manifestants, avons été victimes d’une hallucination collective. Ce jour-là, il ne s’est rien passé. Le Monde, ce faiseur de Moi, nous a même expliqué par de nombreuses photos prises sur un intervalle de 30 minutes que cette manifestation avait en fait été montée en épingle par les médias (sans déc’, j’ai raté ça…) et par les réseaux sociaux (visiblement la communication bien maîtrisée de LMPT fait grincer des dents !). Aucun journaliste n’a pris la peine de demander l’intégralité des photos, voire des films, de la Manif à la Préfecture de Police. Ou plutôt, si : un seul l’a fait (ou du moins a rendu sa démarche publique). Et, contrairement à ce qu’avait annoncé la PP, il n’a rien obtenu. Compte tenu de la polémique sur les chiffres, il est révélateur que ce fait n’ait reçu aucun écho médiatique.

Dans son ensemble, le personnel politique flirte avec le licenciement collectif pour faute grave

La rupture du peuple français avec ses dirigeants politiques semble consommée. Je n’ai pas trouvé d’étude sur une longue période. Mais je n’ai pas l’impression que mes parents et grands-parents aient ressenti un tel écœurement vis-à-vis de la classe politique. Et je ne suis pas convaincu que les récentes révélations de l’ami Cahuzac et du sieur Augier, le trésorier du candidat adversaire de la finance, redorent le blason de nos représentants. Qu’avons-nous fait (ou pas fait) pour mériter une telle engeance au pouvoir ? Vite, un peu d’air frais !

***

J’ai évoqué la profonde crise de confiance entre le peuple et ses élites. Mais la dette publique est, sur un tout autre plan, un autre facteur de déstabilisation majeur. L’Ancien Régime s’est avant tout effondré en raison d’une gabegie financière (notamment en raison de son soutien à la Révolution américaine) conjuguée à un refus de nouveaux impôts de la part des Parlements régionaux. Aujourd’hui l’Etat français se finance facilement sur les marchés, et à des taux de plus en plus bas (un véritable pousse au crime !) mais si, un jour, cette manne s’arrêtait ? Cela mériterait un autre billet, écrit par un spécialiste des marchés financiers – j’atteins mes limites. Quant à l’asphyxie fiscale, elle commence à être évoquée par la gauche elle-même…

Même sans banqueroute, l’exécutif de notre pays est discrédité. La France n’est plus un coq, c’est un poulet sans tête.

A partir de quand l’exécutif doit-il envisager une transition vers un nouveau régime ? Comment le peuple doit-il siffler la fin de la partie ?


[1] Pour ceux qui, comme moi, auraient un doute sur la véritable signification…

Du verbe pontifier : dispenser sa science avec prétention, parler avec solennité, emphase

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11 Commentaires

  1. Discours de Maurice Williamson à Wellington :

    Je tiens tout d’abord à féliciter Louisa Wall pour ce projet de loi et à dire que le bon côté de ces années passées au Parlement, c’est qu’elles nous apprennent à parer toutes ces affreuses prophéties à la Sodome et Gomorrhe sur ce qui nous attend.

    J’ai eu un révérend dans ma circonscription qui m’a appelé pour me dire que dès le lendemain du vote de ce projet de loi, il fallait se préparer à l’attaque LGBT. Difficile de savoir à quoi va ressembler l’attaque LGBT. Personne ne sait si des bataillons descendront l’autoroute de Pakuranga ou si un gaz toxique planera sur la circonscription, obligeant les gens à se calfeutrer chez eux.

    J’ai eu aussi un prêtre catholique qui m’a dit que je soutenais une loi contre-nature. J’ai trouvé ça pas mal, venant de quelqu’un qui avait fait vœu de célibat pour le restant de ses jours.

    J’ai également reçu une lettre qui m’annonçait que j’allais brûler dans les feux de l’enfer pour l’éternité. C’était une grave erreur, car j’ai un diplôme de physique. J’ai appliqué les lois de la thermodynamique. J’ai pris en compte ma masse corporelle, mon taux d’humidité, et ainsi de suite. Je suis parti du principe que la fournaise faisait 2500 degrés. Je mettrai 2,1 secondes à brûler. On est loin de l’éternité. Vous ne trouvez pas ?

    J’ai aussi entendu des affirmations révoltantes sur l’adoption. J’ai trois merveilleux enfants adoptés. Je connais le bonheur de l’adoption et il y a des affirmations que j’ai trouvées tout simplement honteuses, des stratégies de harcèlement que j’ai trouvées vraiment infâmes. Quand j’ai renoncé à avoir peur des harceleurs, j’étais à l’école primaire.

    Malgré tout, une très grande partie de l’opposition venait de gens modérés, de gens qui s’inquiétaient, qui se faisaient sérieusement du souci quant au tort que ce projet de loi pouvait faire au fondement même de notre société. Je respecte leurs inquiétudes. Je respecte leurs craintes. Ils s’inquiétaient des torts que ça pouvait causer à leurs familles et ainsi de suite.

    Je leur répète : tout ce que nous faisons avec ce projet de loi, c’est permettre à deux personnes qui s’aiment de voir leur amour reconnu à travers le mariage. C’est tout ce que nous faisons.

    Nous ne déclarons pas la guerre nucléaire à un autre pays. Nous n’introduisons pas un virus susceptible de porter un coup fatal à notre agriculture.

    Nous permettons à deux personnes qui s’aiment de voir ça reconnu, et je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ça, mais vraiment pas. Vraiment, je ne vois pas. Je ne comprends pas pourquoi on peut s’opposer à ça.

    Je comprends pourquoi il y a des gens qui n’aiment pas ce que font les autres. Très bien. Nous sommes tous dans ce cas.

    Mais maintenant je fais une promesse aux gens qui s’opposent à ce projet de loi. Je vous fais une promesse, garantie à 100%.

    Demain le soleil se lèvera encore.

    Votre fille en pleine crise d’adolescence vous répondra encore désagréablement, comme si elle savait tout à tout.

    Votre emprunt n’augmentera pas.

    Vous n’aurez pas de maladies de peau, pas de rougeurs, pas non plus de crapauds dans votre lit.

    La vie continuera, c’est tout.

    Alors n’en faites pas tout un monde.

    Ce projet de loi est merveilleux pour les personnes concernées, mais pour le reste, la vie continuera comme avant.

    Pour terminer, puis-je ajouter qu’un des messages que j’ai reçus disait que ce projet de loi était la cause de la sécheresse qui sévit dans notre pays—ce projet de loi est la cause de la sécheresse.

    Si vous me suivez sur Twitter, vous verrez que dans la circonscription de Pakuranga ce matin, il pleuvait à verse. On a eu un énorme arc-en-ciel LGBT sur toute ma circonscription. C’est forcément un signe. C’est forcément un signe ! Si vous êtes croyant, il n’y a aucun doute, c’est un signe.

    Puis-je terminer—pour toutes les personnes concernées—sur une citation de la Bible ? Ça vient du Deutéronome. J’avais toujours cru que Deutéronome, c’était un chat dans le musical « Cats », mais ça ne fait rien. Deutéronome 1:29 : « N’ayez pas peur. »

    Traduction personnelle.

  2. Votre message me surprend. Vous faites un long passage sur les « 50 ans » de déliquescence de notre pays… Mais sur ces 50 ans, combien ont été aux mains de la droite, alors que vous semblez incriminer la gauche exclusivement ? De toute façon, qu’importe droite ou gauche, le débat sur le mariage pour tous aurait dû dépasser les clivages politiques, comme il l’a fait dans d’autres pays comme la Nouvelle-Zélande (je vous invite à écouter le discours du député Maurice Williamson, hétérosexuel, plutôt à droite, et père adoptif).
    Par ailleurs, j’étais personnellement aux deux grandes manifestations des pro-loi Taubira. Vous ne le savez peut-être pas, mais quand j’étais dans le cortège, moi aussi les deux fois j’ai eu l’impression d’une « marée humaine ». La deuxième fois, j’ai mis plus d’une heure à partir de Denfert-Rochereau, et quand je suis arrivé à Bastille, il y avait encore du monde au point de départ. Je sais qu’il y a toujours un décalage entre les chiffres de la préfecture et les chiffres des manifestants, mais on ne peut quand même pas faire sortir un million de personnes du chapeau (1 Français sur 6 !). Personnellement, je me satisfais des chiffres de la préfecture pour les deux manifestations des pro-loi Taubira, et je n’ai pas l’arrogance de croire et surtout de dire et de répéter que nous étions 3, 4 ou même 5 fois plus.
    Quant au fond de votre message, ainsi que d’un autre que j’ai lu ici, je vous laisse avaler vos propres salades, au moins ce sont celles que vous avez choisies, et je laisse vos lecteurs faire de même.
    PS : Je vous laisse aussi aux cours d’histoire passionnants d’Afnou !

  3. Je suis complètement en phase avec votre paragraphe sur la presse comme contrefort du pouvoir.
    Et j’ajouterai qu’il est encore plus étonnant de lire aujourd’hui un article du Monde disant qu’une frange de la manif se radicalise (alors que ce sont eux qui ont toujours amalgamé les deux parties) :
    http://www.lemonde.fr/decryptages/article/2013/04/08/l-ump-et-manif-pour-tous-desavouent-le-printemps-francais_3155922_1668393.html?xtmc=manif&xtcr=1
    Sachant que j’ai été encore agacé par leur insistance sur Boutin (« gazée ») : selon moi, elle n’avait rien à faire là où elle était (ils ont assez dit pendant la manif de ne pas sortir des zones).
    Mais bon, à présent, je saurai comme c’est la presse qui gouverne la France.

    Au fait, orti, vous ai-je dit que M Auguier (dont on a parlé à cause des iles Caïman) qui était le trésorier de la campagne de M Hollande était .. le directeur du journal tétu ?
    Avec M bergé pour « Le Monde », ça fait beaucoup de proximité entre des journaux, cette loi, des militants homos et FH …

    Je trouve donc qu’il faudrait rebaptiser cette loi « loi pour les homos et les journaux » (comme ça, les choses seraient plus claires ..)

    BigBen

  4. @orti: votre renvoi en bas de page pour « pontifiant » ne marche pas!! 😉 sinon j’ai bien ri…

    Pour le financement de la dette française: http://www.atlantico.fr/decryptage/marches-sont-en-train-se-detourner-dette-francaise-philippe-herlin-689451.html

  5. Merci, un vrai régal !
    Au passage, la grande Muette, bien malmenée par ce gouvernement pourrait peut-être y mettre son grain de sel…

  6. L’emblème de la France n’est plus le coq et n’est pas un poulet sans tête. Notre emblème est devenu celui de l’escargot … toujours à la traîne et hermaphrodite (comme cherchent à nous l’imposer la loi Taubira et la théorie du gender). Triste France.

  7. Merci, c’est gentil ! Moi non plus, je ne connais pas assez la Constitution de la Ve République pour connaitre les conséquences envisageables. Par contre, étant étudiant en histoire, je sais que lorsqu’il y a un changement de régime, c’est rarement « légal » (très peu de régimes possèdent dans leurs textes fondateurs ce qui permettrait de les réformer de fond en comble). Le XIXe siècle, surtout commencé à partir de 1789, voire 1775 (début de la guerre d’Indépendance américaine), donne beaucoup d’exemples de changements de régimes, souvent dus à des révolutions. Je peut aussi souligner toutefois la très longue durée de la monarchie en France (un peu moins de 1000 ans, en partant du traité de Verdun en 843, bien qu’il y ait eu des rois avant, jusqu’à 1789, date à partir de laquelle la monarchie n’est plus continue), une monarchie qui a su s’adapter au Moyen-Age, s’affirmer à l’époque moderne par réformes progressives. De même, la monarchie anglaise s’est adaptée par réformes progressives (pas toujours pacifique) et est toujours « en activité » aujourd’hui : les régimes qui durent sont ceux qui s’adaptent et non les plus totalitaires (Le communisme a duré longtemps en Russie, bien plus que Hitler et Mussolini, mais s’est effondré, 72 ans après sa « naissance »). Voilà qui ferait plaisir à Darwin ! A cet égard, les régimes des deux cents dernières années en France semblent très instables au regard de la durée de presque mille ans de la monarchie française. La République peut-elle s’adapter ? L’histoire le dira.
    NB : Je précise que c’est une visée sur le long, voire très long terme, qui ne tient pas compte des instabilités politiques sur le court terme (La Fronde par exemple) ou de la personnalité de tel ou tel souverain (Charles VI dit le Fou).
    Je tient aussi à préciser que c’est ce que je tire de mes connaissances qui ne sont pas exhaustives, loin de là ! Comme je ne suis pas historien professionnel, il se peut que certains faits invalident ces idées…

    1. Finalement, le fait que les Etats-Unis n’ont pas changé de régime depuis leur création est aussi assez significatif….

  8. Effectivement, c’est aussi le sentiment que j’ai. Mais la question qui vient après doit être : quelle conséquence ? Un simple changement de majorité ? Une refondation de la Ve République ? Une VIe République ? Un autre régime ?

    1. Cher AFNOU,
      Toujours fidèle au poste, cela fait plaisir !
      Je penche d’abord pour un remaniement, peut-être avec un gouvernement d’union nationale (qui pourrait retirer le projet de loi sur le mariage pour tous, trop clivant ? rêvons un peu). Mais cela ne changera pas grand-chose car je pressens que la faiblesse de l’exécutif tient d’abord à celle du locataire de l’Élysée. La question est donc : si la situation continue à tomber de Charybde en Scylla, combien de temps peut-il tenir ? Mais je ne connais pas suffisamment les arcanes de la Constitution et de la vie politique pour imaginer comment ça évolue après !

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