Tu sais pas si tu es un homme ou une femme ? Non, mais allô quoi, fais pas genre !

1949238-4 - CopieA l’entendre, notre gouvernement pratique le genre comme M. Jourdain la prose : sans le savoir. Sauf que l’ignorance du bourgeois benêt n’a pas grand-chose à voir avec la duplicité de nos Tartuffes libertaires. Oui, on a un peu de mal à avaler la candeur de Najat quand elle affirme que « la théorie du genre n’existe pas » : elle constitue l’alpha et l’oméga de la politique sociétale du gouvernement ! Alors, pourquoi ne pas l’assumer franchement ? Pour quelles raisons se réfugier derrière une vague « lutte contre les stéréotypes sexuels » ? Y aurait-il quelque (des)sein que nous ne devrions pas voir ? Essayons de tirer les choses au clair.

Le genre pour les nul-l-e-s

Prenez un monde traumatisé par les guerres du début du XXème siècle : la barbarie et la rationalité scientifique ont repoussé les limites de l’horreur, l’humanité éprouve du dégoût pour ses œuvres, la jeunesse aspire à changer ce monde. Dans ce brouet de haine de soi, de perte de sens et de relativisme, ajoutez une louche de marxisme triomphant et assaisonnez le tout avec une bonne dose de féminisme radical. Vous avez devant vous une assiette d’idéologie du genre, concoctée dans les campus nord-américains de la fin des Sixties.

Sa revendication : laisser chacun-e libre de choisir son identité de genre (suis-je un homme, une femme ou autre chose ?) et son orientation sexuelle (suis-je attiré par les hommes, les femmes ou autre chose ?) ; permettre à tous de jouir des mêmes droits que les autres. Là, les plus perspicaces me diront sans doute : en quoi ces fumisteries ont-elles un lien avec ce que nous vivons aujourd’hui ? En fait, tout est lié.

Commençons par le début : il ne faut pas influencer le développement psycho-affectif de l’enfant pour que son identité émerge d’elle-même. Les crèches doivent privilégier des jeux « neutres » (sans connotation sexuée). Haro sur les poupées : elles risquent de condamner les filles à rêver d’être mères. Et si l’identité sexuelle n’est pas liée à la biologie, un couple homme / femme n’a effectivement pas plus de complémentarité qu’un couple de femmes. La femme est un homme comme une autre – ou l’inverse. D’ailleurs, après avoir été pères, certains hommes changent de sexe et sont de très bonnes mères. CQFD. La seule différence, c’est « l’infertilité sociale » dudit couple, expression symptomatique de cette novlangue qui dépouille les mots de leur signification réelle (surtout dans le cas présent où l’infertilité est une réalité palpable – si je puis m’exprimer ainsi). Et la société doit tout mettre en œuvre pour guérir cette infertilité d’un nouveau genre.

Le genre : une idéologie singulière, des conséquences plurielles

Nos dirigeants avancent prudemment sur le sujet car ils savent que l’application intégrale du genre changera profondément nos manières de vivre. Le mariage homo ne concerne que les homos, la majorité des électeurs s’en fout. Parfait. La lutte contre les inégalités hommes / femmes concerne tout le monde mais, présentée ainsi, a priori personne n’est contre. Parfait aussi. Pour l’aide à la procréation pour les couples de même sexe, ça pique un peu mais ça concerne peu de monde et c’est une question d’égalité. Ça devrait le faire. Mais, après, y’a du lourd. Voyez plutôt ces quelques exemples.

Jusqu’à leur majorité, les enfants doivent être préservés de toute influence pour pouvoir décider, en toute conscience, leur identité. La tenue des enfants doit donc être indifférenciée. C’est bien beau de faire jouer les filles et les garçons aux dominos et aux osselets. Mais si les filles sont habillées tout en rose avec des barrettes à leurs longs cheveux, elles risquent d’être influencées et de se sentir plus femmes que hommes. Les enfants sont donc habillés en vert et ont les cheveux coupés en carré. Les prénoms doivent être neutres. Comment un enfant qui s’appelle Kevin pourrait-il se découvrir femme ? En vérité, je vous le dis : Camille et Valérie sont promis à un bel avenir. Claude et Dominique pourraient faire leur grand retour. Des versions appropriées de Frédéric/que, Pascal(e), Michel(le) sont à l’étude. Pour leur orientation, c’est exactement la même chose. Avant-hier, un de mes enfants (6 ans) rencontre un parent éloigné. Un jeune thésard brillant, sympa, normal. Sans doute favorable au « mariage pour tous ». Il a osé demander à mon fils « s’il avait des petites copines ». Comment voulez-vous qu’il assume ses orientations sexuelles avec des questions pareilles ?

Notre Etat-Civil doit également être dépoussiéré pour prendre en compte des identités différentes. D’autres pays comme le Népal ou l’Australie l’ont déjà fait. Pour l’instant, il nous manque une case : le genre neutre. Mais il faudra surtout aller beaucoup plus loin. Au printemps dernier, est mort celui qui était surnommé l’homme-chat. Tatouages, piercings et opérations chirurgicales lui avaient permis de se donner l’apparence d’un adorable petit minou. Et il disait se sentir chat. Pourquoi ne pas reconnaître cette identité ?

Sur le plan professionnel, beaucoup a été entrepris pour remédier aux inégalités homme / femme. Mais cette distinction est désormais caduque : elle nie la diversité des identités sexuelles et ne prend pas en compte les orientations de chacun. Il va donc falloir définir quels sont les quotas d’hommes, de femmes, de trans- mais également d’hétéros, d’homos et de bi, sur la base d’études statistiques, afin d’offrir une vraie représentation de la diversité dans nos organisations.

Au quotidien, les conséquences pratiques sont nombreuses. Pensez à toutes les toilettes publiques qui ne proposent jusqu’à présent qu’une unique distinction – qui tient plus de la discrimination – entre hommes et femmes. Il faudra, comme l’a fait la ville de Brighton en Grande-Bretagne, proposer des toilettes neutres. La politesse devra faire l’économie de toute marque identitaire. Par exemple, vous rencontrez un homme bien habillé et rasé de frais. Maladroitement, vous lui dites « Bonjour, Monsieur le recruteur ». Eh bien imaginez que ce brave homme se vive plutôt comme une brave femme ?! Le poste vous file sous le nez, pardi.

La mauvaise conscience de nos sociétés occidentales

Ces situations peuvent sembler caricaturales, mais elles correspondent à des expérimentations ou des projets bien réels, en France ou dans les démocraties les plus éclairées en matière de lutte contre les discriminations liées au genre.

Entendons-nous bien. Que les petites filles ne soient pas travesties en Nabilla pour participer à des concours de Mini-miss me paraît très bien. Que les hommes participent aux travaux domestiques est une évidence (c’est plus le seuil d’acceptation de la saleté qui pose problème). Que les personnes ne soient pas discriminées pour leur identité ou leur orientation relève de la base d’un Etat de droit.

Mais respecter les personnes n’est pas accepter aveuglément toutes les revendications. Prise de remords, notre société se rachète une virginité en bradant des principes fondamentaux. Pourquoi devrions-nous accepter que, pour complaire à une infime minorité de personnes, tous nos enfants soient « neutralisés » ? Pourquoi devrions-nous accepter que, pour satisfaire des désirs d’adultes, des orphelins de père ou de mère soient fabriqués ?

Nous basculons désormais dans un monde où les préférences individuelles les plus marginales doivent guider l’évolution de nos lois communes. Pourtant, celles-ci ne sont-elles pas censées satisfaire la majorité et non pas les plus influents ?

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4 Commentaires

  1. @Ama: Certes mais pour l’instant l’Allemagne ne reserve cette possibilite qu’aux enfants ayant des malformations genitales. Mais c’est vrai que ce n’est qu’un premier pas vers plus!

  2. PERNOT FLORENCE · · Réponse

    Merci pour votre combat, toute notre équipe 12 rue Jean-Jacques Rousseau à Dijon vous soutient.

  3. Je comprends que nos dortoirs filles et garçons sont un peu ringard!

  4. ça y est, c’est fait en Allemagne, le genre neutre, ni homme ni femme est reconnu.

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