Les (petits) renoncements de la vie quotidienne

Comme moi (du moins je l’espère), je suis sûr que vous éprouvez de temps en temps le sentiment de ne pas avoir fait quelque chose correctement ou complètement. Oh, rien de bien grave, mais des petites occasions manquées qui laissent un arrière-goût un peu désagréable.

Dans la série « Vie quotidienne » de votre Panier à Salades, florilège de quelques renoncements courants.

1 – Ne pas demander à récupérer sa place dans un TGV

Vous entrez dans votre rame de TGV, cherchez votre place et repérez un inopportun en train de chauffer VOTRE siège. Au lieu de lui demander d’évacuer les lieux comme un vulgaire Rom, vous passez votre chemin et allez vous asseoir sagement un peu plus loin. Jusque-là, vous me direz que si le train est vide, ce n’est ma foi pas bien grave. Lisez la suite : trois phénomènes vont successivement assombrir le tableau. D’abord, il y a fort à parier que vous serez assis à une place dans le sens inverse de de la marche : ce n’est pas pour rien que le fâcheux a squatté votre fauteuil. Ensuite, ce dernier va sûrement jouir d’une personne charmante en guise de compagnon de voyage alors que vous vous retrouvez à un carré entouré d’une joyeuse petite famille avec 3 petits enfants très entreprenants. Enfin, inévitablement, à la gare suivante, le voyageur dont vous squattez la place montera et la réclamera. Vous n’aurez pas le cœur de briser la conversation passionnée qui s’est nouée entre le squatteur et son compagnon. Et vous vous retrouverez sur un strapontin entre deux wagons en pensant à ce fauteuil qui vous tend ses bras…

2 – Accepter la musique de son voisin sans rien dire

Toujours dans les transports communs, sans doute vous êtes-vous déjà dit : « ce gars nous pourrit vraiment la vie avec son bruit ». Dans cette situation, vous vous trouverez toujours des excuses pour ne rien lui dire : « tout va bien, c’est juste un trajet en bus, j’ai trois arrêts ». Mais, me direz-vous, si cela arrive dans un TGV (et probablement dans le cas cité ci-dessus). Il ne vous reste plus qu’à monter le volume encore plus fort que lui !

3 – Accepter le tarif de la course du taxi avec un sourire

Imaginez la scène. Il est tard. Vous rentrez d’un déplacement professionnel de plusieurs jours. Votre épouse vous attend et a préparé un bon dîner (on frôle le sexisme là). Votre chauffeur de taxi vous a bassiné pendant tout le trajet sur le coût de la licence et la folie d’une dérégulation du marché. Eh bien quand il vous annonce une course de 50 euros pour 15 minutes de trajet, vous payez et vous remerciez. Vous pourriez pourtant demander à vérifier sur le compteur. Il l’a installé de telle manière que le client ne peut pas voir le montant de la course. Mais vous renoncez en invoquant toujours de bonnes raisons : « après tout ce n’est pas mon argent, c’est celui de la boîte », « il a l’air sympathique quand même »… Dans le fond, vous n’avez surtout pas envie de démarrer un échange qui s’annonce houleux !

4 – Sortir d’un magasin sans avoir trouvé et sans avoir demandé…

Changeons de décor. Partons faire un peu de shopping. Ne vous est-il jamais arrivé de rentrer dans plusieurs magasins, de regarder quelques marchandises, de ne rien trouver et de repartir ? Ne vous mentez pas : vous n’avez pas vu tous les produits mais vous avez décidé qu’il n’y avait pas ce que vous cherchiez par flemme de demander au vendeur qui aurait aussitôt eu envie de vous accrocher à son tableau de chasse…

5 – Sortir d’un magasin en ayant acheté quelque chose… sans le vouloir vraiment !

C’est une variante du précédent. Vous avez décidé d’affronter le vendeur. Dans ce cas, il est possible que vous ayez cédé à son boniment et que vous ressortiez avec quelque chose dont vous n’aviez pas besoin ou qui ne correspondait exactement à ce que vous recherchiez. Les glands de vos mocassins ne sont pas tout à fait à votre goût, ou alors le motif de votre kilt ne ressemble pas suffisamment à celui de votre belle-mère (ben quoi, si vous êtes contre le mariage pour tous, vous portez exclusivement des mocassins à glands et des kilts, non ?). Cet été, nous nous sommes sentis obligés d’acheter une bouteille d’huile d’olive à 16 euros après la visite du moulin, présenté comme exceptionnel, qui avait bien duré 10 minutes !

6 – Ne pas avouer au serveur que la cuisine était quelconque… voire pire !

A la fin d’un repas au restaurant, le serveur vous a sans doute déjà demandé : « tout s’est bien passé ? » Et avez-vous déjà répondu : « franchement, c’était vraiment pas terrible » ? Entre nous, cela ne vous est pas arrivé très souvent, non ? Pourtant, nous en mangeons régulièrement des plats qui sentent le réchauffé et des « salades fermières » avec trois morceaux de jambon et de gruyère (particulièrement troué) arrosés d’un filet d’huile insipide. Là encore, nous préférons payer et partir vite pour oublier rapidement cette expérience désagréable.

S’il vous plaît, rassurez-moi, dites-moi que vous êtes comme moi !

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4 Commentaires

  1. Oui, tout pareil. C’est souvent le signe d’une trop bonne éducation, matinée de christianisme bon teint.
    Ma grand-mère me disait de ne jamais faire d’esclandre, ça pourrait faire un communiste de plus.
    Cette même bonne éducation vous nuira aussi dans votre carrière professionnelle. Même la promesse d’un salaire conséquent ne vous fera pas franchir les limites nécessaires à l’ascension professionnelle (qui requiert de s’asseoir sur quelques collègues, sur quelques principes ou sur sa femme et ses gosses).
    La sociologie américaine avait analysé le bienfait de ce provincialisme qui irriguait constamment les villes pour en assurer un comportement généralement décent. Mais les campagnes sont vides, et les nouveaux arrivants ne partagent pas votre gêne.

    1. Merci de me rassurer ! C’est vrai que j’aurais pu évoquer la vie professionnelle : respect de l’autorité, humilité, esprit d’équipe… Mais je crois que je me commence à me guérir (un peu) de ce côté-là en voyant les autres agir ! Mais je ne serai jamais au niveau de certains !
      Intéressant éclairage de la sociologie

  2. Orti tu n’es pas vraiment un carnassier…

    1. Sans doute une question d’éducation comme le suggère droitedavant, cher paternel… !

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