Municipales : Lettre ouverte d’un sympathisant LMPT à son voisin socialiste

Nos relations habituellement cordiales se sont tendues lorsque nous avons évoqué les élections de dimanche. Quand je vous ai dit que je n’envisageais pas une seconde de voter pour le candidat du Parti Socialiste – quels que soient son bilan et son programme, vous m’avez reproché mon « sectarisme ». J’ai préféré arrêter là la discussion en vous promettant de vous écrire.

Je ne reviendrai pas sur le fond du débat sur le « mariage pour tous ». Chacun est libre de ses convictions et celles des autres sont respectables. Rappelons cependant qu’au moment du vote de la loi, une majorité de Français était opposée à l’adoption par les couples de même sexe.

Je ne reviendrai pas sur la vaine polémique concernant les chiffres de la mobilisation lors des trois grandes manifestations. Disons que ce mouvement est le plus vaste connu par la société française depuis Mai-68.

Je veux surtout vous parler de la manière dont nous, opposants au mariage pour tous, avons été traités depuis plus d’un an.

La majorité a balayé nos requêtes avec mépris :

  • L’option d’un référendum a été rapidement écartée sous prétexte que les réformes « sociétales » n’entraient pas dans le champ de la Constitution. Mais le terme « sociétal » a été créé en 1972 ! Il était donc difficile pour les rédacteurs de la Constitution de l’inclure (sur le sujet, voir ce billet).
  • Notre pétition pour le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) a récolté 700.000 signatures. Le fait d’atteindre (et de dépasser) les 500.000 signatures nécessaires à la saisie du CESE était une première historique. Ces pétitions ont été mises à la poubelle sans véritable explication. Seul le Figaro a révélé que le président du CESE, Jean-Paul Delevoye, avait sollicité l’avis du Premier Ministre pour statuer sur le sort de ces pétitions. Cette collusion entre le CESE et l’exécutif n’a pas fait l’objet d’un seul commentaire dans la presse.
  • Les députés PS n’ont pas eu le droit à leur liberté de conscience pour le vote de la loi.
  • Contrairement à l’annonce du Président au congrès de l’AMF, les maires n’ont pas eu plus le droit à une liberté de conscience.

La majorité a tout fait pour nous diaboliser :

  • Sans répondre véritablement sur le fond, les ministres et les parlementaires nous en caricaturés en extrémistes homophobes, alors même que nos craintes rencontraient un large écho dans la population.
  • A chaque manifestation, le Ministre de l’Intérieur s’est empressé de condamner avec virulence des violences qui n’ont pourtant jamais blessé quiconque ni causé de dégât matériel. Le 26 mai 2013, il y a bien eu des affrontements entre les forces de l’ordre et environ 500 excités à la dissolution du cortège. Mais ils ont été largement entraînés par les dizaines de flics en civil comme en attestent des vidéos qui n’ont jamais été reprises par la presse.
  • Nous avons été désignés a priori coupables de tous les pires faits-divers : agression d’un couple homosexuel à Paris, saccage d’un bar gay à Lille et mort de Clément Méric.
  • Nous avons été accusés de « colporter des rumeurs » sur l’introduction de la théorie du genre à l’école. Les membres de la majorité ont pourtant clairement affirmé leur volonté de le faire. La diffusion du film Tomboy à des élèves de 8 ans, les ressources documentaires proposées sur le site de l’ABCD de l’égalité et le nettoyage de certains sites gouvernementaux (notamment Ligne Azur) suite à la polémique prouvent que la rumeur était largement fondée.

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Le pouvoir a fait preuve d’une sévérité exceptionnelle à notre égard :

  • Nous avons subi de multiples vexations à la limite de l’illégalité : Mères Veilleuses refoulées à Rodez et à Paris, arrestations pour port de sweat LMPT, gardes à vue récurrentes pour des Veilleurs pacifiques à Paris, gardes à vue préventives pour près de 100 manifestants (incluant une femme enceinte, des enfants et des personnes âgées) au lycée Buffon lors de la visite du Président le 27 mai 2013.
  • Arrêté en marge d’une manifestation sans motif particulier, Nicolas Bernard-Buss a été condamné à une peine de prison ferme, assortie d’un mandat de dépôt, pour avoir refusé un prélèvement ADN. Dans le même temps, les détrousseurs du RER D échappaient à la prison.
  • Anna, jeune Russe étudiant en France, a été priée de livrer des noms de militants LMPT par la Police en échange de sa naturalisation.

A la lecture de ces quelques rappels, vous devinez donc les sentiments que j’éprouve pour le pouvoir en place.

Alors, oui, tout ce qui peut l’affaiblir est pour moi bon à prendre.

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3 Commentaires

  1. Excellent résumé des faits, qui démontre -s’il en était encore besoin- que le parti socialiste français a grandement à voir avec l’ancien régime socialiste de l’URSS et bien peu avec la démocratie !
    Même pour des municipales, il faut faire barrage au PS, qui rogne nos libertés individuelles et bafoue nos valeurs. Deux années ont largement montré, outre son incompétence à relever la France, sa capacité de nuisance ! TOUT sauf la gauche…

  2. J’avais encore un doute sur mon bulletin de vote de demain , car comme on le sait  » les municipales c’est pas la couleur qui compte  » votre billet est venu à la bonne heure !
    Car ok dans un village c’est pas très grave , mais quand ils vont voter aux sénatoriales nos maires de gauche ( pas vraiment affichés ) … Faut pas rêver ce sera pour leurs potes. !

  3. Le voisin se laissera-t-il convaincre? Se donnera-t-il seulement la peine de lire

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