Dimanche 20 novembre : élisez votre futur président !

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François Fillon pris d’un fou-rire

Imaginez-vous le 7 mai 2017 au soir devant votre écran de télévision. Cela fait 1h30 que les présentateurs meublent l’antenne laborieusement en montrant en boucle les images des deux finalistes en train de voter et de leurs QG de campagne. L’heure est à présent venue. Les visages de Juppé et Marine alternent dans les dernières secondes de la course présidentielle.

Juppé, le grand-père de la Nation. Marine, la fille qui a mangé son père. La France retient son souffle. Moi aussi. Au fond, je ne sais pas de qui je souhaite réellement la victoire. Peut-être le bulletin que j’aurai glissé dans l’urne le matin ne sera-t-il même pas celui dont je souhaite la victoire à ce moment précis…

Mais reprenons depuis le début cette fiction politique.

Quatre chantiers prioritaires devront être menés par le futur locataire de l’Elysée :

  1. Restaurer l’autorité de l’Etat en faisant appliquer la loi en tout point du territoire
  2. Libérer l’économie et notamment le marché de travail
  3. Donner à l’Education nationale la mission de viser l’excellence pour tous
  4. Adopter une posture internationale moins atlantiste et revoir nos alliances avec l’Arabie saoudite et le Qatar

Sur ces 4 chantiers, Juppé saura sans doute faire mieux que Hollande pour l’économie et l’éducation. Ce qui reste un défi assez modeste avec un peu de pragmatisme et de détermination. En revanche, je ne lui accorde aucun crédit sur le reste. Et c’est bien là où le bât blesse. Car il en va de la survie de notre beau pays. La fragmentation actuelle de la société française, la tentation du radicalisme pour nos compatriotes musulmans et la crise migratoire impliquent de rompre avec une certaine naïveté, qui s’apparente à de l’aveuglement, et de prendre des décisions fortes. « L’identité heureuse » c’est l’expression passe-partout d’un technocrate qui a compris ou était le problème mais ne veut surtout pas donner l’impression de prendre parti. Un cache-sexe pour éviter les sujets tabous. Exactement le contraire de ce dont nous avons besoin hic et nunc. Pour confirmer cette impression, lisez à ce sujet le témoignage d’Amine Elbahi, qui a récemment quitté l’équipe de Juppé.

Le positionnement de Marine, c’est grosso modo l’inverse. Ne croyez pas que je cède aux imprécations morales de la caste médiatique au pouvoir – ce n’est pas le genre de la maison. Je me sens même assez proche de certains twittos frontistes. Mais il faut être lucide. Lors des manifestations contre la loi El-Khomri, la ligne socialo-étatiste du néo-Front a donné aux communiqués de presse de Marine Le Pen des relents de mélenchonnisme. Or, l’économie française crève des rigidités du marché de travail et du coût de travail. Donnez aux petites entreprises la possibilité de licencier facilement, vous créerez un choc d’embauches : le patron embauche car il sait qu’il peut sortir la personne de son effectif si elle ne fait pas l’affaire ou si la conjoncture s’assombrit. Et retrouver un travail ce n’est pas seulement gagner un salaire, mais recouvrer sa dignité d’homme. Le redressement moral de notre pays ne pourra venir qu’en sortant du chômage du masse. A moins d’adopter une politique keynésienne de grands travaux (avec quel budget ?), je vois mal comment le FN pourrait soulager les conseillers Pôle emploi. A l’inverse, on peut lui faire confiance pour prendre les sujets régaliens « à bras le corps ». Mais il faut également les traiter avec les muscles de la tête. Comprenons-nous bien : nous avons une communauté d’environ 6 millions de musulmans. Parmi eux, il y a environ 15.000 fichés S et 29% qui ne reconnaissent pas la loi de la République. Une fois ces chiffres alarmants posés, la question est simple : comment faire basculer les musulmans tentés par le radicalisme dans la communauté nationale ? Entre fermeté et respect, le pouvoir va devoir marcher sur une ligne de crête pour ne pas embraser la situation. Je ne suis pas certain que l’accession du FN au pouvoir soit le meilleur signe à envoyer aux musulmans pour engager cette réconciliation.

Si le duel annoncé Marine / Juppé revient à choisir entre la peste et le choléra, comment l’éviter ?

La présence de Marine au 2ème tour ne fait guère de doutes. C’est donc sur l’identité de son rival qu’il nous faut agir, à savoir le candidat LR – sauf surprise énorme d’un Emmanuel Macron. Alors qui propulser lors de la primaire de la droite et du centre ?

En 2007, j’ai voté Sarkozy et j’ai ressenti un immense espoir. Son quinquennat m’a laissé un goût d’inachevé mais cela ne m’a pas empêché de revoter pour lui face à Hollande en 2012. J’apprécie la détermination, le charisme et l’éloquence du personnage. Et pis Sarko, il est sympa. C’est un peu le pote avec un gros cigare, un brin vulgaire, qui a toujours une bonne blague à te raconter autour d’une portion de frites. Un bateleur. Mais il a trois défauts à mes yeux. Le premier, c’est d’être inutilement clivant dans son expression et irrémédiablement changeant dans ses convictions. Gênant pour un chef de l’Etat. La deuxième, c’est son absence totale de remords par rapport à la Lybie. Je ne remets pas en cause son choix d’intervenir – j’imagine que cela ne doit jamais être facile. En revanche, je pense que, 5 ans après, Sarko pourrait éprouver un semblant de gêne par rapport aux conséquences désastreuses de cette intervention qui, rappelons-le quand même, a dépassé le cadre de la résolution de l’ONU en allant jusqu’à éliminer le Raïs. Avec en toile de fond une hypothétique mais gravissime affaire de financement de campagne qui gagne progressivement en vraisemblance. Enfin, et si cela ne suffisait pas, Sarko est peut-être le seul candidat LR qui pourrait ne pas l’emporter contre Marine. Il a atteint un tel niveau de détestation chez certains – à la mesure de la sarkolâtrie des autres – que bon nombre d’entre eux pourraient ne pas se déplacer pour déposer un bulletin Sarko dans l’urne et augmenter ainsi mécaniquement les chances de Marine.

Parmi ceux qui peuvent remporter la primaire, il reste le bon Fillon. Celui pour lequel – vous l’avez deviné – je voterai. Son bilan avec Sarkozy est loin d’être parfait. Mais l’homme et son programme inspirent une grande confiance. Il est intègre et semble avoir pris la mesure de la gravité de la situation. Il propose un programme libéral-conservateur équilibré. Il est entouré d’une équipe cohérente et constante dans ses convictions. Avec Fillon, nous avons l’occasion inespérée de mettre au pouvoir un homme expérimenté et droit, avec un bon projet pour notre beau pays. Comment faire la fine bouche ? A ma droite, j’entends certains lui reprocher d’être tiède. Mais comparons avec ceux qui ont une chance d’être élus !

Arrêtons-nous donc sur Poisson un instant. Je n’ai rien, ou pas grand-chose, contre le bonhomme et son programme. A vrai dire, j’ai même hésité à voter pour lui. Mais, franchement, quelle est l’utilité de voter pour lui ? J’ai lu dans les colonnes de la « réacosphère » qu’il fallait, au premier tour, voter pour ses convictions, que c’était le seul « vote utile » pour faire gagner ses idées, pour peser sur la « future recomposition de la droite ». Mais attention, compte tenu de la dégradation de l’état du patient, il ne s’agit plus de réfléchir à la formation de l’interne, mais d’envoyer sur le terrain le meilleur urgentiste disponible. Voter pour un candidat au plus proche de ses convictions est faisable à condition que la qualification de celui pour lequel vous pourrez voter par la suite soit déjà acquise. Alors, désolé, mais si le prix à payer pour refonder la droite c’est d’abord d’envoyer Juppé, Sarko ou Marine à l’Elysée, je m’y refuse. Le malade ne peut plus attendre !

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2 Commentaires

  1. Mon bon Yessou, tu me fais bien plaisir sur cet article ! Je partage à 100%. Comme quoi, nos points de vue ne sont pas aussi irréconciliables que ça 😊

  2. Merci pour ce billet !
    Très brièvement : il me semble que le problème est beaucoup plus large au sein des institutions politiques de notre pays, et je ne suis pas sure que continuer de lui accorder notre confiance en allant voter encore et encore soit une véritable solution. Il n’y a pas que le chef de l’Etat qui pose problème. Pour ma part, je n’ai toujours pas digéré les pétitions rejetées par le CESE, et quand on nous parle de crise et de problèmes économiques, je suis effarée des salaires, retraites (à vie) et notes de frais de tous ces gens, dont tout le monde profite (quel que soit le parti). Oui je sais, je mélange tout, mais c’est bien ce dont il s’agit. Et personne ne met le pied dans le plat.
    Fillon, oui, c’est le ‘moins pire’, mais personnellement j’en ai assez des ‘moins pires’. Par ailleurs, à mes yeux, il s’est grillé lors de l’affaire Copé/Fillon. Il s’est comporté comme les autres, et j’espérais franchement autre chose. Honnêtement, ça me fatigue. Il ne refondera pas la droite, il ne fera que reculer l’échéance. Allez, un peu de morphine au patient !
    Poisson ? Mais si tout le monde se mobilisait, il aurait ses chances. Le truc, c’est que tout le monde a peur, est frileux, veut jouer la prudence. Pour moi c’est clair, c’est à lui qu’ira ma voix.
    Juppé ou Marine ? Je n’irai pas voter – d’ailleurs, il est peu vraisemblable que Marine passe. Mais peut-être qu’il faut cela, qu’il faut tomber bien bas pour se relever. Je suis prête à prendre le risque. On se relèvera !

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