Pourquoi je ne voterai pas Macron

7112Ça y est. Le piège s’est refermé. Le deuxième tour dont rêvait la Caste est devant nous : Macron face à Le Pen.

Devant un tel choix, la bonne éducation « républicaine » – ou « citoyenne » si vous préférez – commande naturellement de voter Macron. C’est logique : Le Pen est le Mal incarné. Donc son adversaire est forcément bien – ou même moins pire si vous préférez.

Eh bien, je dois ici présenter mes excuses aux militants associatifs, aux artistes engagés, aux journalistes zélés et tant d’autres professionnels de l’antiracisme. Malgré vos campagnes de communication, vos reportages, vos soirées de gala, vos pin’s, je crains de ne pas faire le bon choix. Pourquoi ?

C’est d’abord une vague intuition. Quand un candidat est soutenu par François Hollande, Pierre Bergé, Daniel Cohn-Bendit, Christiane Taubira, Alain Minc, Jacques Attali (non finalement lui est banni : il a eu le tort de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas), Bernard Henri-Lévy, Christian Estrosi, et tant d’autres, j’ai tendance à me sentir de trop. Mais, évidemment, il ne faut pas en rester à cette première impression.

Intéressons-nous donc au fond. C’est un fait : la mobilisation contre le FN de 2017 est infiniment plus molle que celle de 2002. Nos belles consciences semblent s’en étonner, voire même être « choquées ». Elles ont sans doute oublié comment la situation a évolué depuis : les émeutes de 2005, la montée de l’incivilité et de l’insécurité, la radicalisation dans les quartiers, les attentats de masse, les attentats sporadiques, les pompiers agressés. La France est devenue une poudrière et nos belles âmes ne pensent qu’à allumer des bougies. La restauration de l’autorité de l’Etat en tout lieu du territoire et la lutte contre le terrorisme devraient être les priorités du prochain président. Cela ne rentre pas dans le logiciel de Macron. Pour lui, la France est uniquement un super marché qu’il faut fluidifier. Si je partage avec lui l’idée qu’il faut donner de l’air aux entreprises, elle me parait secondaire par rapport à la restauration de l’état de droit. De plus, je crains que pour faire passer ces réformes « libérales » auprès de son aile gauche, nous ayons droit à une vaste offensive libertaire dans le champ de la culture, de la famille et de l’éducation. Vous reprendrez bien un peu de Ligne Azur, de GPA et de PMA pour tout.e.s ?

Certains vont me dire que Le Pen va instaurer un régime fasciste, ou en tout cas dangereux pour les libertés individuelles et plus particulièrement les minorités. Figurez-vous que, à la lueur des premiers jours de la campagne de 2ème tour, j’éprouve pour ma part une vraie inquiétude par rapport à Macron. Nous savions ses discours souvent creux ou incompréhensibles. Derrière le joli minois de ce jeune homme bien né, nous découvrons à présent un homme bouffi d’orgueil, incapable d’accepter les limites de son savoir et de maîtriser ses nerfs. Il a une volonté de toute-puissance. Prenez cette arrogance d’enfant gâté. Mélangez-la avec la puissance de feu médiatique dont il dispose. [Rappelons quand même que la presse a réussi à imposer un golden boy, ex-conseiller du président le plus impopulaire de la Vème République, comme le sauveur de la France]. Ajoutez un shot de bonne conscience, vous obtenez un cocktail au goût amer (« nauséabond » dans la terminologie citoyenne). N’allez pas imaginer que je le compare à un dictateur sanguinaire. Non, plutôt un apprenti-sorcier sûr de son fait. Cet homme est capable de vous vendre le retour des djihad

Twt Parisot

Toute l’arrogance de la Caste résumée en un tweet !

istes comme une opportunité de croissance et d’échange interculturel, voire de faire tomber un Etat après un reportage choc sur BFMTV. Avec la bénédiction de ces personnes généreuses qui sèment de la paix et de la démocratie un peu partout à travers le monde avec une bonne conscience dégoulinante. A tout prendre, je me demande si je ne préférerais pas Le Pen avec une opinion publique vigilante et des contre-pouvoirs médiatiques puissants que Macron avec une presse servile.

 

Mais cessons d’extrapoler. Une double victoire frontiste, à la présidentielle et aux législatives, est complètement improbable. Donc même en cas de victoire frontiste à la présidence, son pouvoir d’action serait limité. A partir de là, quel sens donner à mon vote ? Si je donne ma voix à Macron et que je contribue ainsi à le faire élire avec un score avoisinant l’âge de sa femme, ce sera pour lui un triomphe. Il se sentira autant en roues libres qu’un soir de premier tour de présidentielle. En revanche, si Marine Le Pen obtient un score honorable, 40% par exemple, Macron sera obligé de se recentrer. Et, plus important encore, les caciques de la droite « classique » (ma famille politique pour les lecteurs de passage – que je salue néanmoins) comprendront qu’ils ne peuvent pas impunément oublier leurs électeurs et qu’ils doivent se débarrasser de leurs oripeaux centristes – ou passer ouvertement chez Macron si c’est leur sensibilité.

Pour accélérer la recomposition de la droite, je suis prêt à gonfler le score de Le Pen.

 

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One comment

  1. Colère noire · · Réponse

    Orti ? Merci !

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